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ACCUEIL D’UN ENFANT ALLERGIQUE (ÉCOLE, CRÈCHE, NOUNOU…)

Votre enfant allergique va être confié à des professionnels de l’enfance, n’ayez crainte, en suivant nos conseils et précautions, ce sera facile. L’allergie, même si elle n’est pas toujours maîtrisable, est plus ou moins contrôlable. Les mots d'ordre : anticiper et informer !

Bien préparer l’accueil de l’enfant allergique avec le P.A.I.

Nous recommandons aux parents de rencontrer les personnes qui vont accueillir l’enfant, bien avant le 1er jour de garde ou d’école de l’enfant. 

L'accueil et la prise en charge de l'enfant allergique va être formalisé dans un Projet d’Accueil Individualisé (P.A.I). Cette procédure est prévue et définie dans la circulaire interministérielle du 10 février 2021, qui organise les modalités d'accueil des enfants atteints de maladies chroniques, comme l’allergie. Cette circulaire décrit notamment les rôles et responsabilités de chacune des parties prenantes.

Document unique national se composant de 3 parties (administratif, aménagements et adaptations et conduite à tenir en cas d'urgence)  le P.AI. concerne le temps scolaire et le temps périscolaire :

  • restauration collective
  • accueils collectifs de mineurs avec ou sans hébergement
  • temps d'accompagnement, associations sportives... 

Si les deux premières parties du P.A.I s'appliquent à toutes les maladies, une conduite à tenir en cas d'urgence spécifique aux réactions allergiques a été élaborée par la Société Française d'Allergologie. Ce modèle récent de P.A.I et cette conduite à tenir en cas d'urgence remplacent tous les anciens documents.
 

Ce document est obligatoire pour que l’enfant soit accueilli dans les meilleures conditions, en bénéficiant de son régime alimentaire ou d’aménagements spécifiques à son cas. Il explique la prévention à suivre et le protocole en cas d’urgence allergique et permet de remettre à l'établissement la trousse d'urgence contenant les médicaments en cas de réaction allergique.

 

La trousse d'urgence

L’enfant, malgré toutes les précautions, pouvant faire une réaction allergique, les personnes qui l’accueillent et qui en ont la responsabilité vont devoir apprendre à utiliser les médicaments qui lui sont prescrits pour faire face à cette réaction allergique potentielle.

Ceux ci sont réunis dans une « trousse d’urgence ». La partie médicale du PAI indique quand et comment administrer ces médicaments ainsi que l’attitude à adopter en cas d’urgence. ; elle est signée par le médecin.

En cours d’année, il est conseillé de refaire un point régulièrement sur les conditions d’accueil avec le ou les personnes qui ont en charge l'enfant. Evoquez les éventuelles difficultés rencontrées et essayez, ensemble, de trouver des solutions pour y remédier. 

Parcourez le déroulement d’une journée classique afin de déceler et d'anticiper d’éventuelles situations à risque. Évoquez toutes les activités habituellement (pâte à sel, sortie nature, peinture au doigt, collage de graines, jardinage, nourrissage d'oiseaux ou de poissons, ateliers cuisines, animaux, etc.). Rédigez ensemble une fiche récapitulative, qui pourra se transmettre à un éventuel remplaçant. Restez vigilant et à l'écoute des personnes qui accueillent votre enfant. 

Restez confiant : lorsque toutes les précautions sont prises, que toutes les personnes encadrant l’enfant sont bien informées sur les allergies de l’enfant et initiées à l’usage de la trousse d’urgence, les risques de réaction allergiques sont réduits au maximum.

La prise en charge de l’enfant allergique et son intégration avec les autres enfants est alors chaleureuse et bienveillante, son bien-être et sa sécurité sont optimisés.

LES PRINCIPAUX ALLERGÈNES ALIMENTAIRES CHEZ L'ENFANT

 

1 enfant européen sur 4 souffre d'allergie alimentaire et le nombre de réactions allergiques graves et potentiellement mortelles (anaphylaxie) est également en hausse.

Les allergies alimentaires en constituent la cause principale chez les enfants de 0 à14 ans.

Les allergies alimentaires les plus fréquentes chez les enfants sont dues aux oeufs, au lait de vache et aux arachides.

Allergie à l'oeuf

Inscrit sur la liste des 14 allergènes à déclaration obligatoire.

L'œuf qu'il soit de poule de caille ou de canard est composé d'un jaune avec un peu d'albumine (protéine allergisante) et d'un blanc avec beaucoup d'albumine. 

Les principales protéines allergènes contenues dans l'oeuf sont l'ovalbumine (le blanc de l'oeuf), l'ovomucoïde et l'ovotransferrine. L'ovalbumine est thermostable, c'est-à-dire que le pouvoir allergisant ne disparaît pas sous l'effet de la cuisson.

L'œuf est largement utilisé dans l'alimentation industrielle, en tant qu'ingrédient ou additif pour donner une meilleure saveur au produit, notamment sous forme de lysozyme dans le fromage. Il est utilisé en œnologie pour assouplir les vins rouges trop tanniques. Son éviction est une sacrée problématique en pâtisserie car c'est un tensio-actif. Les substituts existent : compote de pomme, lécithine de soja, mélange de fécule de pomme de terre et de maïs... sans oublier l'agar-agar et les carraghenanes.

 

L'oeuf est un allergène certes fréquent chez l'enfant mais il faut savoir que la majorité des enfants présentant une allergie à l'oeuf guérissent spontanément avant l'âge de 8 ou 10 ans.

En cas d'allergie à l'oeuf, supprimer tout produit comportant une des mentions suivantes : oeuf, blanc d'œuf, jaune d'œuf, protéine d'œuf, liant protéique d'oeuf, lysozyme d'oeuf*, lécithine d'œuf*.

Attention aux shampooings et produits cosmétiques pouvant contenir des protéines d'œuf.


* Voir avec votre médecin s'il faut obligatoirement supprimer les aliments pouvant contenir du lysozyme et des lécithines.

Info étiquetage

Quelle espèce animale est concernée par la mention OEUF ? Poules, caille ou autruche ?

Les «oeufs» font référence aux oeufs de tous les oiseaux d’élevage. Mais lorsqu’il s’agit d’autres oeufs que ceux pondus par la poule, l’espèce animal doit être mentionnée.
Exemple de mentions : oeuf de caille, oeuf d'autruche

Allergie aux protéines de lait de vache (APLV)

Lait de vache

Inscrit sur la liste des 14 allergènes à déclaration obligatoire.

90 % des allergènes de lait de vache, chèvre et brebis sont communs. L'allergie au lait de vache peut débuter dès les premières semaines chez certains nourrissons. Troubles digestifs et eczémas sont les symptômes courants.

Les spécialistes préconisent l'allaitement maternel exclusif les 6 premiers mois, puis une diversification prudente mais résolue. En fonction du résultat de l'enquête allergologique, le médecin pourra prescrire pour les biberons de bébé :

  • un substitut, un hydrolysat : il s'agit d'un lait de vache maternisé dont une fraction allergisante a été « cassée » suffisamment petit (<5000 dalton) pour ne pas provoquer de réactions allergiques et apporter à l'enfant les éléments nécessaires à sa croissance et à son développement.
  • une solution d'acides aminés : lait composé d'un mélange d'acides aminés allongé d'huile végétale. Les solutions d'acides aminés sont très onéreuses (+ ou - 50 euros la boîte de 400 g) mais remboursées en partie par la sécurité sociale française et belge, sur prescription médicale. Ces « laits » comportent des huiles végétales pour améliorer leur teneur en lipides (palme, colza) et sont supplémentés en calcium pour parfaitement subvenir aux besoins de l'enfant.

L'éviction du lait par la maman qui allaite n'est pas systématique mais elle dépend de chaque cas. Si l'enfant supporte bien le lait maternel et ne présente des symptômes qu'à la prise de biberons de lait "maternisé", le médecin pourra écarter la mise en place une éviction du lait dans l'alimentation de la maman.

Pour les enfants plus grands et les adultes, les alternatives sont nombreuses avec les jus végétaux, d'avoine, de riz ou de soja et les industriels proposent maintenant une grande variété de yaourts et autres préparations végétales. A ne pas donner aux enfants de moins d'1 an

Dans 80% des cas, les enfants souffrant d'APLV verront cette allergie disparaître avant l'âge de 8 ou 10 ans. 

Le lait de vache est présent sous formes variées, beurre, crème dans les biscuits, plats préparés, sauces blanches...

En cas d'allergie au protéine du lait de vache, supprimer tout produit comportant une des mentions suivantes : lait, protéines de lait, protéines de lactosérum de lait, caséine de lait, caséinate de lait, lactalbumine de lait, lactose de lait, margarine, crème, beurre.

Attention aussi aux produits de soins dermatologiques et cosmétiques qui peuvent contenir des protéines de lait.

 

Lait de chèvre et de brebis

L'allergie au lait de chèvre et de brebis va croissant, suscitant l'inquiétude des allergologues, les réactions étant particulièrement graves. Les allergènes des laits de chèvre et de brebis sont puissants, une très petite quantité de ces laits peut suffire à déclencher une réaction potentiellement sévère.

On pourrait penser leur consommation anecdotique et pourtant, pas du tout. Elle est de plus en plus courante car on trouve ces laits dans la plupart des magasins d'alimentation, notamment par le biais des fromages et spécialités fromagères. Les fromagers doivent spécifier l'origine laitière de leurs produits mais il y a parfois des contaminations par coulures ou brisures lors de la fabrication, ou encore sur les étals, voire sur les plateaux familiaux.

En cas d'allergie au lait de chèvre ou au lait de brebis, supprimer tous les produits fabriqués à partir de ces laits.

Si vous avez présenté une réaction avec un seul de ces laits, le médecin vous recommandera d'éliminer les deux laits, de chèvres et de brebis, en raison de réactions croisées qui sont constantes.

Il faut se méfier des fromages à la coupe, le couteau peut être contaminé par un fromage de chèvre ou de brebis. N'hésitez pas à demander au vendeur de bien laver le couteau avant de vous servir. Ce conseil peut d'ailleurs s'appliquer à de nombreuses situations de vente d'aliments "à la coupe".

 

Info étiquetage

Quelle espèce animale est concernée par la mention LAIT ?

Le «lait» fait référence au lait provenant de la glande mammaire d’animaux d’élevage. Mais lorsqu’il s’agit d’un autre lait que celui produit par la vache, l’espèce animal doit être mentionnée.
Ex. : lait de chèvre, lait de brebis

(précision de la Commission européenne, avril 2017, n° 4864)

Allergie à l'arachide (ou cacahuète)

Inscrit sur la liste des 14 allergènes à déclaration obligatoire.

Cette plante fait partie de la famille botanique des fabacées, et plus communément des légumineuses, comme le pois ou le lupin ; elle a un fort pouvoir allergisant dû aux protéines présentes dans la graine de la plante. De plus, un tiers des allergiques à l'arachide ont aussi une allergie associée aux fruits secs à coque (noix, noisette, amande, noix de cajou, pistache...).

Des allergies croisées parmi les légumineuses sont possibles de même qu'entre l'arachide et les fruits à coque. Dans certains cas, le médecin peut préconiser l'éviction d'aliments qui "croisent" avec l'arachide.

L'arachide, originaire du Mexique, est cultivée en région tropicale, mais on en trouve aujourd'hui quelques pieds dans les Landes. Elle pousse comme les pommes de terre, les coques se trouvant dans le sol. Deux graines s'extirpent de chacune des gousses : les cacahuètes.

L'allergie à l'arachide est classée deuxième en terme de fréquence chez l'enfant (derrière le blanc d'œuf) et 6e chez l'adulte. Son allergénicité est accrue lorsqu'elle est grillée, mode de consommation courant en Europe. Face à la gravité des réactions et au nombre important de malades, les industriels ont peu à peu remplacé cet oléagineux dans leurs recettes, au profit de nouvelles sources protéinées à bas coût comme le soja, le lupin...

Contrairement à l'oeuf et au lait, cette allergie est caractérisée par sa persistance et ses réactions sévères. Pour autant, toutes les personnes allergiques à l'arachide ne font pas des réactions sévères.

L'huile d'arachide fabriquée en Europe, raffinée, ne contient que des traces infimes de protéines d'arachides qui ne posent plus aucun problème pour les allergiques à l'arachide. Il est exceptionnel de la supprimer de l'alimentation d'une personne souffrant d'allergie à l'arachide.

Par contre aucune sécurité n'est assurée dans les restaurants étrangers (orientaux, méditerranéens, moyen orientaux) qui peuvent utiliser des huiles non raffinées achetées chez leurs grossistes ainsi que pour l'utilisation d'huiles non raffinées dites « gourmet oils ».

En cas d'allergie à l'arachide, supprimer tous les produits suivants : arachide et beurre d'arachide, cacahuète et beurre de cacahuète, farine d'arachide, huile d'arachide non raffinée, biscuits apéritifs à la cacachuète, barres chocolatées à la cacahuète...

Attention aussi aux produits de soins dermatologiques et cosmétiques qui peuvent contenir de l'arachide, ce qui peut suffire à déclencher une réaction allergique. Nombreuses sont les appellations des dérivés de l'arachide : peanut oil, isopropyl arachidate, arachidic acid, arachidyl behenate, arachidyl glycol, arachidyl erucate, conarachin…De même, certains médicaments sont contre-indiqués aux allergiques à l'arachide (ou au soja) car contenant de l'huile d'arachide, par exemple des traitements contre l'acné. 

 

Allergie aux fruits à coque (FAC)

Inscrit sur la liste des 14 allergènes à déclaration obligatoire.

Sont désignés sous cette appellation de fruits à coques un ensemble de graines enfermées dans des coques qui appartiennent à plusieurs familles botaniques différentes : amandes (rosacées), noisettes (bétulacées), pistaches et noix de cajou (anacardiacées), noix de Grenoble et noix de Pécan (juglandacées), noix du Brésil (lecithidacées), noix de Macadamia (ou du Queensland - protéacées), noix de Nangaille (ou de Kanari - burséracées).

Les fruits à coque peuvent être responsables de réactions très graves. De nos jours, on constate une augmentation des réactions à la noix de cajou.

Les FAC sont très présents dans l'alimentation industrielle : les snacks, les gâteaux, les chocolats, etc. Il n'est donc pas facile de les éviter.

Noix de coco, noix de muscade, châtaigne et pignon de pin ne sont pas des fruit à coque. L'arachide non plus, qui appartient à la famille des légumineuses.


L'éviction des fruits à coque, en cas d'allergie avérée, est presque toujours associé à un régime d'éviction à l'arachide, en raison de fréquentes réactions croisées et du risque de contamination sur les chaînes de fabrication et de conditionnement des produits alimentaires.


Attention aux produits de soins dermatologiques et cosmétiques qui peuvent contenir des huiles ou des protéines de fruits à coques. Exemple : masque pour les cheveux aux noix de Macadamia.

 

Allergie au poisson

Inscrit sur la liste des 14 allergènes à déclaration obligatoire.

Le poisson est largement utilisé dans l'alimentation de l'enfant.

Le terme poisson réunit toutes les bêtes à écailles et à nageoires du fond de la mer, de l'océan, des rivières et des étangs.

Les espèces allergisantes les plus fréquentes sont la morue, le thon, le saumon. Les enfants peuvent être allergiques à toutes les espèces de poisson mais aussi parfois à une seule espèce de poisson et donc consommer les autres. C'est une allergie qui persiste en général à l'âge adulte.
 

Certains poissons, comme le thon, le maquereau, l'espadon, ont une chaire qui contient beaucoup d'histamine. Ils peuvent être à l'origine d'une "fausse" allergie, la forte concentration d'histamine provoquant de l'urticaire, des nausées... faisant penser à une allergie.

Les allergènes du poisson sont volatils et peuvent provoquer une réaction par simple inhalation chez certains allergiques ayant un seuil de réactivité très bas ..Ces cas, exceptionnels, peuvent justifier que le médecin déconseille l'accès à la cuisine et/ou à la cantine les jours où du poisson est au menu.

Attention aux allergènes masqués de poisson dans ces produits : surimi, sauces (Nuoc-mâm, Worcestershire (anchois)...), gélatines (bonbons, vin, bière..)